Stratégies de lutte contre la pauvreté
Coll. Une économie plus humaine, éd. Desclée de Brouwer, 2010, 182 p., 17 euros.
Ce livre donne la parole à quatre acteurs venant du monde de l'entreprise et ayant décidé de s'engager dans la lutte contre la pauvreté. Ainsi, Olivier Kayser a laissé tomber McKinsey, dont il était l'un des responsables, pour consacrer la deuxième moitié de sa vie à Ashoka, une ONG qui repère et finance des innovateurs sociaux dans les pays du Sud (Inde et Amérique latine principalement). Comme il le dit lui-même, "mon style de vie n'en a pas vraiment souffert", mais il se sent utile à repérer "les abbé Pierre ou Jean Monnet de demain".
Cette approche bottom-up - pas d'assistance, mais stimulation du jaillissement des initiatives - est partagée par les autres contributeurs: Marc Odendall, ancien banquier d'affaires, qui croit au microcrédit; Henri Lachmann, ancien patron de Schneider, qui privilégie l'accompagnement scolaire de jeunes en difficulté; et Denis von der Weid, qui se passionne pour les technologies appropriées.
On pourra se dire que ces acteurs se donnent bonne conscience. Ce serait sans doute passer à côté de l'essentiel, que résume ainsi Lachmann: "Nous avons la responsabilité de contribuer à la très sensible diminution de la pauvreté", le "nous" désignant à la fois les entreprises et leurs dirigeants. Ils ne prétendent pas avoir trouvé la solution, mais apporter leur pierre parmi d'autres. On souhaite qu'ils fassent des émules dans le milieu des dirigeants, ce qui est loin d'être gagné.
Alternatives Economiques n° 293 - juillet 2010
























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